lundi 14 novembre 2011

Docu animalier

L’autre jour, j’ai vu un documentaire animalier sur la migration des oies. On y faisait aussi un panorama complet du mode de vie et des comportements de l’espèce : les oies se nourrissent, dorment, migrent, les mâles séduisent les femelles, ils s’accouplent.
Ça m’a fait penser à Occupation Double.
Ça mange, ça dors, ça voyage, les mâles séduisent les femelles, ça s’accouplent.
Sauf qu’on ne montre pas des êtres humains dans leur habitat naturel. Il ne s’agit pas non plus d’un portrait du comportement humain. Les sujets savent qu’ils sont filmés et adaptent leurs agissements en conséquence. Ils sont choisis selon leur personnalité et leur physique, et on les place dans des situations qui les forcent à adopter certains comportements.
Ce n’est pas un documentaire, c’est de la fiction avec des acteurs et un scénario qu’on adapte à chaque semaine selon l’opinion des téléspectateurs.
C’est pour ça que l’appellation « téléréalité » me dérange : c’est un mensonge.
Comme si l’existence humaine se résumait à des rapports simplistes, à des situations aussi banales qu’insipides. Un bon film est capable de représenté la complexité de l’existence et des relations humaines en deux heures ; Occupation Double ne l’a toujours pas fait en huit saisons.
Mais je crois aussi que la téléréalité peut se montrer instructive.
Ce qui est fascinant, c’est que l’émission attire plus de deux millions de téléspectateurs chaque semaine.
Ça, ça en dit long sur notre société.
Deux millions de personnes qui regardent les mêmes images vides de contenu. Deux millions de spectateurs qui se plaisent à regarder des gens s’exhiber à tous, se disputer pour des stupidités, se battre pour gagner.
La meilleure, c’est qu’on nous fait croire que le but d’Occupation Double est de trouver le grand amour. Et certains y croient...
Nous sommes des voyeurs, c’est un fait. Et des voyeurs qui aiment humilier les autres qui plus est. On aime rire de la stupidité d’un candidat ; on aime en détester un autre.
On se fout bien que tout cela soit dégradant pour ceux derrière l’écran, en fait, il y a une grande part d’intérêt qui provient de là.
En nous permettant de décider du sort des candidats, la téléréalité nous donne un sentiment de puissance que peu ont dans la vie réelle.
La téléréalité devient donc un moyen d’échapper à notre quotidien assommant en se faisant bombarder d’images d’une banalité accablante. L’écran ne renvoie que l’image des marasmes d’une société stagnante qui n’accorde pas d’importance aux choses qui en ont vraiment.
D'ailleurs, quand on ne l’écoute pas, on se sent un peu exclu.
Une conversation sur Occupation Double avait lieu entre mes collègues de travail. Comme je ne disais rien, on m’a demandé si je l’écoutais et j’ai répondu que non. À l’un d’entre eux de répondre avec dédain :
« Ayoye! C’est rare une fille qui écoute pas Occupation Double! »
J’étais soudain marginale, un paria. Comme si c’était un standard social…
L’autre jour, j’ai demandé à quelqu’un pourquoi il regardait ce genre d’émission et il m’a franchement répondu  que c’est pour être inclus dans les conversations quand les gens en parlent.
Le phénomène est tellement grand qu’on en parle même au bulletin de nouvelles. Quand ce qui est au cœur des discutions c’est si les filles vont flusher Dany… il ya quelque chose qui ne va pas.

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